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Le marché des devises: l'investissement extrême?

4 mars 2005, Ronald McKenzie, Affaires Plus

Lisez l'article original sur LesAffaires.com

www.lesaffaires.com

Le 7 janvier dernier, bonne nouvelle: Statistique Canada annonce que la situation de l'emploi s'est améliorée au pays. Le taux de chômage n'a jamais été aussi bas depuis 2001. Il est 7 heures et, sur le marché mondial des devises (Forex), le dollar américain s'échange contre notre huard au taux de 1,2339. Autrement dit, 1 dollar américain vaut 1,2339 dollar canadien. Rivés à leur écran, les cambistes, les teneurs de marché et les spéculateurs attendaient de bonnes nouvelles sur l'emploi au Canada.

Mais jamais à ce point. Ils liquident leurs dollars américains et se procurent des huards. Résultat: en moins de 10 minutes, le billet vert perd 60 points, – ou « pips », dans le jargon – et se négocie au taux de 1,2279. Ceux qui ont vu juste et qui ont vendu le USD/CAD à 1,2339 pour le racheter à 1,2279 passent à la caisse. S'ils disposaient d'une couverture de 1 %, ils ont empoché un profit d'environ 10 dollars canadiens pour chacun des 60 « pips » à la baisse, soit 600 dollars. Tout cela, en moins de 10 minutes.

L'ABC du marché Forex

Jusqu'à récemment inconnu du grand public, le marché Forex commence à attirer de plus en plus les investisseurs autodidactes en quête desensations fortes. À l'origine, ce sont surtout les institutions financières et leurs grands clients gouvernementaux et corporatifs tenus de convertir des devises qui s'en servaient. Mais depuis le début des années 2000, les particuliers, attirés par des occasions d'affaires, y ont accès, grâce à Internet et aux courtiers Forex.

Le Forex est le plus liquide des marchés. Selon la Bank for International Settlements, la valeur quotidienne des devises qui y sont échangées représente quelque 1900 milliards de dollars américains. «C'est 10 fois plus que toutes les bourses réunies», dit Michel Julien, négociateur professionnel et président de ProfiTrade FX. Cette entreprise montréalaise offre des cours de technique de négociation sur le Forex (www.profitradefx.com).

Le marché Forex est ouvert sans interruption 24 heures sur 24, du lundi au vendredi. La semaine commence à Sydney, en Australie. Puis, elle se «déplace» de Tokyo à New York, en passant par l'Europe. Les investisseurs peuvent donc réagir jour et nuit aux nombreuses fluctuations monétaires que causent les événements économiques, sociaux et politiques.

Au Canada, les rares courtiers qui offrent des comptes Forex ne sont pas assujettis aux lois sur les valeurs mobilières. Aux États-Unis, certains d'entre eux adhèrent à des organismes comme la National Futures Association ou la Commodity Futures Trading Commission, qui protègent les investisseurs contre les fraudes et les pratiques illégales dans le secteur des produits dérivés.

Pips? Couverture?

Reconnu pour sa grande volatilité, le marché Forex a un vocabulaire et des règles qui lui sont propres.

Les devises sont toujours négociées par paire, car une monnaie n'a de valeur que dans son rapport avec une autre. C'est le dollar américain et l'euro qui sont les deux principales monnaies de référence. Par exemple, le dollar américain par rapport à notre huard se présente sous le sigle USD/CAD. Avec le yen, c'est USD/JPY. EUR/USD veut dire l'euro par rapport au dollar américain, EUR/CHF, l'euro par rapport au franc suisse, et ainsi de suite. Les courtiers Forex offrent entre 20 et 30 de ces paires à négocier. Comme pour les actions, il y a le cours auquel les investisseurs sont prêts
à acheter vos devises ( bid ) et celui auquel ils acceptent de vous les vendre ( ask ).

Prenons le USD/CAD. Un écran de négociation accessible par le Web pourrait afficher l'offre suivante : USD/CAD - Bid: 1,2350 Ask: 1,2355.

Cela signifie que vous pouvez acheter le USD/CAD à 1,2355 ou, au contraire, le vendre à 1,2350. Pour ce faire, vous sélectionnez le nombre de lots (voir plus loin) que vous désirez négocier; ensuite, vous cliquez sur la case ( Bid ou Ask ) de votre choix. Une fois l'ordre exécuté, vous recevez une confirmation de la transaction. Au cours des journées actives, le Bid et le Ask montent et baissent à un rythme trépidant. L'idée est d'attendre le cours qui convient et de cliquer au moment opportun. Il est possible – et
recommandé – de mettre des «stops de protection», qui limitent les pertes lorsque le marché joue contre vous.

Le cours des devises est habituellement affiché jusqu'à la quatrième décimale. Un « pip » (pour price interest point ) représente la plus petite fluctuation d'une monnaie sur le marché Forex. Par exemple, si vous achetez le USD/CAD à 1,2355 et qu'il monte à 1,2385, vous gagnez 30 pips . Or, selon le montant que vous donnez en couverture et la paire de devises négociées, chaque pip à la hausse ou à la baisse peut valoir de 8 à 10 dollars. Une hausse de 30 pips se traduit donc par un gain allant de 240 à 300 dollars, une chute de 30 pips se soldera par une perte équivalente. Comme la volatilité est forte sur ce marché, des fluctuations de 100 pips ou plus par jour sont courantes. «Pour la livre sterling, par exemple, la variation journalière est de 230 pips », dit Michel Julien.

Les devises se négocient normalement en lots de 100000 unités, et les courtiers Forex exigent une couverture se situant entre 1 et 2 %, ce qui est très faible (par comparaison, les bourses exigent des couvertures allant jusqu'à 80% sur les transactions sur marge). Que signifie une couverture de 1%? Admettons que vous soyez intéressé à acheter un lot de USD/CAD coté à 1,2355. Ce lot de 100000 dollars américains vaut 123 550 dollars canadiens. Mais vous n'avez pas à avancer ce montant. Grâce à la couverture de 1%, c'est 1235 dollars canadiens seulement que vous devez déposer dans votre compte (123 550 $ x 1 %).

Maintenant, que se passe-t-il si le USD/CAD grimpe de 30 pips et passe à 1,2385, et si vous vendez à ce prix? Vous recevez 123850 dollars canadiens, pour un profit de 300 dollars. Comme votre mise de fonds n'a été que de 1235 dollars, le rendement sur le montant investi est de 24%. «Le Forex permet de bénéficier d'un effet de levier qu'on ne trouve pas sur le marché des actions», observe Jean-Luc Dionne, gestionnaire de portefeuilles de devises chez Monexia, à Montréal.

Le marché Forex plaît aussi aux spéculateurs pour la raison suivante : il n'y a aucune commission à payer sur les transactions, et ce, peu importe la quantité de lots que vous négociez et le nombre de fois où vous achetez et vendez des devises. C'est un avantage marqué sur le marché des actions, où les courtiers facturent une commission chaque fois que vous passez un ordre. Comment les courtiers Forex gagnent-ils alors leur argent ? «Sur l'écart qui existe entre le cours acheteur et le cours vendeur. Grâce au nombre élevé de transactions, ils parviennent ainsi à rentabiliser leurs activités», dit Michel Julien.

Le paradis de la spéculation sur séance

Comptable en management accrédité de formation, Huguette Joyal, 42 ans, travaille au service de gestion des ressources internes pour les Forces armées canadiennes. C'est en approfondissant ses connaissances en analyse technique qu'elle a découvert le marché Forex. En naviguant sur le Web, elle est tombée sur des sites de courtiers qui offrent la négociation de devises. «Je me suis rendu compte que ce marché présentait un potentiel supérieur à celui de la bourse. Et c'est moins compliqué.» Elle s'est inscrite à un cours spécialisé offert à Montréal par la firme américaine Market Trader's Institute, qui avait fait paraître une annonce dans le journal Les Affaires. Sa formation terminée, Huguette Joyal a commencé à négocier des devises à partir d'un portefeuille virtuel.

Avant de faire son CMA et de négocier des devises, Huguette Joyal a été propriétaire d'un restaurant pendant 10 ans. Elle insiste pour dire qu'on devrait négocier sur le Forex comme on exploite une petite entreprise. Il y faut de la patience et de la persévérance. «Au début, on ne fait pas de profits, mais avec le temps et l'expérience, les résultats finissent par arriver.»

Évidemment, quand on mélange volatilité et effet de levier, on obtient un cocktail parfois explosif. «Les pertes peuvent être importantes, si le marché se retourne contre soi et si l'on ne sort pas rapidement. Cela peut se produire en quelques minutes», note Huguette Joyal. Voilà pourquoi elle s'est fixé une discipline de négociation. «Je prends mes profits après 15 ou 20 pips à la hausse. Pour les pertes, jamais plus de 30 pips . Je garde mes positions entre cinq minutes et une semaine» dit cette spéculatrice autodidacte de Trois-Rivières. Court terme, avez-vous dit ?

«La négociation de devises est presque exclusivement une affaire de day trading , note Jean-Luc Dionne. La connaissance de l'analyse technique est capitale, car 80% des transactions sur le Forex se font sur des points techniques : bris de support, percée de résistances, fléchissement ou relèvement des moyennes mobiles, etc.»

Toutefois, plusieurs éléments «fondamentaux» ont un impact sur le cours des monnaies. Ainsi, la publication des données sur la balancecommerciale ou sur le chômage au Canada et aux États-Unis fait automatiquement bouger le USD/CAD. Même chose pour la divulgation du taux directeur et du produit intérieur brut. L'ampleur de la hausse ou de la baisse dépend du caractère inattendu ou non de la nouvelle. Si l'onannonce un déficit commercial aux États-Unis alors qu'on prévoyait un surplus, la réaction des investisseurs sera très forte. «Dans les secondes qui suivent l'annonce, le USD/CAD peut perdre une centaine de pips », dit Jean-Luc Dionne.

Les adeptes de la spéculation sur séance savent que l'important n'est pas tant de faire des profits que de limiter les pertes. Comme pour les actions, chaque transaction de devises doit être munie d'un stop de protection. «Il faut bien connaître la monnaie qu'on négocie, dit Huguette Joyal, car si les stops sont trop serrés, ils risquent d'être déclenchés même si le cours fluctue normalement. Les pertes s'accumulent alors rapidement.»

Sur son site Internet, Michel Julien prétend qu'on peut gagner 1000 dollars américains par jour sur le Forex. Trop beau pour être vrai ? «Non, c'est tout à fait possible. Mais il faut disposer d'un portefeuille de 50 000 à 100 000 dollars américains, adopter une méthode d'analyse éprouvée, et appliquer avec discipline une politique de perte.» Bref, à déconseiller à l'investisseur novice.

Pour sa part, Huguette Joyal négocie sur le Forex depuis un an «avec du véritable argent». Comment s'en tire-t-elle? Sans donner de détails, elle dit simplement qu'elle gagne de l'argent. «Il n'y a pas de formule magique. » Avant de se lancer «officiellement», elle s'est entraînée à l'aide d'un portefeuille virtuel (demo account) offert gratuitement par son courtier. Cet exercice lui a permis non seulement de mesurer ses connaissances, mais aussi d'évaluer la plate-forme technologique du courtier. Ce dernier point est crucial, dit-elle. Il faut s'assurer que l'écran de négociation est convivial, que les ordres sont respectés, que les graphiques se modifient facilement, etc.

Maintenant qu'elle est aguerrie, Huguette Joyal croit-elle un jour pouvoir vivre exclusivement de cette activité ? «Oui, mais pas avant trois ou quatre ans.» Entre-temps, elle retourne à ses graphiques et à ses indicateurs statistiques, afin d'affiner sa technique. «Il faut aussi être capable de maîtriser ses émotions. Négocier sur le Forex, ça demande du sang-froid.»

Pour plus d'information sur le Forex, visitez ces sites internet!

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Le 4 mars 2005, le magazine économique canadien Affaires Plus publiait, pour la toute première fois de son histoire, un article de fond sur le marché Forex.

Le journaliste Ronald McKenzie y présente un excellent travail de vulgarisation pour aider les lecteurs de son magazine à mieux saisir les enjeux de l'énorme, et somme toute peu connu, marché Forex. Monsieur Michel Julien de ProfiTrade FX fait partie des trois personnes interviewées par M. McKenzie dans le cadre de cet article.

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